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ANOCR   ASSEMBLEE GENERALE 2012
                            ALLOCUTION DU 27 MARS



Mon Général représentant le ministre de la défense, le chef d'état-major des armées et le chef d'état-major de l'armée de terre,
Monsieur le député membre de la commission de la défense,
Monsieur le conseiller de Mr le Ministre de la Défense,
Mon général représentant le Drh de la défense,
Messieurs les officiers généraux et supérieurs représentant les chefs d'état-major de la Marine et de l'Armée de l'Air, ainsi que le directeur du service de santé des armées, de la gendarmerie et de la direction générale de l'armement,
Mesdames et messieurs les présidentes et présidents de confédérations et d'associations, mesdames messieurs, mes chers camarades,
Tous les membres de l'Association Nationale des Officiers de Carrière en Retraite sont honorés de votre présence parmi nous à l'occasion de notre Assemblée Générale.
 
Votre présence témoigne à la fois de l'intérêt que vous lui portez et des liens d'amitié qui se sont tissés tout au long d'une route commune consacrée au bien de nos adhérents, à l'aide apportée à celles et ceux de nos camarades qui sont dans le besoin, au soutien jamais démenti à nos armées, au devoir de mémoire et à la nécessaire lutte pour que vive l'esprit de défense et que soit reconnue la place de nos anciens dans la Nation.
Nous avons célébré l'an dernier le centenaire de notre association.
Il est, ainsi, possible d'établir une sorte d'état des lieux après cent ans d'existence. Il en ressort que l'ANOCR demeure, avec plus de 9 000 adhérents et malgré l'érosion mécanique de ses effectifs, l'une des plus importantes associations d'anciens officiers retraités, grâce, en particulier, à l'étonnante modernité de ses statuts qui permettent de réunir dans un même ensemble des officiers de tous corps et de toutes origines.
Notre situation financière est saine et nous permet d'envisager l'avenir avec sérénité.
Notre association est ainsi l'une des rares qui puisse, grâce à sa totale indépendance, élever la voix et se faire entendre avec raison certes mais détermination aussi.
Cette caractéristique, nous n'en avons pas abusé jusqu'à présent, mais le temps est venu, comme nous l'avons déjà dit l'an dernier, où le parler fort est nécessaire.
Cependant, ce que nous recherchons avant tout c'est l'efficacité dans nos combats.
C'est cela que je vais explorer avec vous aujourd'hui.
 
LES FONDAMENTAUX
Le développement des liens de solidarité et des relations amicales entre ses membres reste toujours au centre de nos préoccupations et de notre réussite.
Ces liens s'expriment tout particulièrement dans notre action sociale et aussi par les gestes quotidiens envers les plus seuls, les plus démunis et ceux qui sont frappés par le malheur.
Nous avons consacré en 2011 environ 60 000 € à des aides immédiates.
C'est grâce à cette action quotidienne désintéressée que nous sont aussi donnés les moyens de notre action. C'est ainsi que nous avons bénéficié, au fil du temps, de legs importants sans avoir à en rechercher la multiplication mais simplement parce que des personnalités généreuses ont estimé que nous étions dignes de leurs libéralités. Au-delà des sommes en jeu c'est cette confiance qui doit nous rendre toujours plus responsables, attentifs aux autres et efficaces dans l'action.
La défense et l'amélioration de la condition morale et matérielle de nos membres est, elle extrêmement dépendante de l'environnement politique et économique de notre pays, donc de ses priorités, de ses choix, mais aussi et surtout de la façon dont ceux-ci s'exercent.
Dans ce domaine l'ANOCR a toujours été vigilante et les dossiers viennent d'être remis à jour par une large consultation de nos adhérents, ils ont donné lieu à des discussions de calage en commissions et feront l'objet d'interventions suivies et de propositions constructives désormais.
Mais il vient un temps où la situation impose des inflexions dans les moyens mis en œuvre. Depuis quelque temps déjà nous avons dénoncé les méthodes employées pour faire évoluer les conditions matérielles et statutaires des retraités militaires. En effet, la société évolue les méthodes de préparation des décisions aussi, mais nous ne voyons pas l'amorce d'une évolution dans ce domaine ; cela n'est tout simplement plus convenable.
Ce sera là l'objet de notre premier combat.
Contribuer au développement de l'esprit de défense de la Nation est très certainement une ambition difficile mais aussi sûrement l'un des plus indispensable.
Difficile car nous sommes immergés dans une société qui, à bien des égards, est en évolution très forte, très rapide et que les moyens habituels d'y faire face ne sont tout simplement plus pertinents.
Nous nous sentons porteurs de responsabilités particulières dans ce domaine par notre expérience, par le sacrifice de nos aînés par une sensibilité qui nous est propre et qui doit être prise en compte car elle est tout aussi respectable que bien d'autres.
Nous sommes disposés à réfléchir avec les autorités compétentes et la représentation nationale aux voies et aux moyens les plus adaptés pour que notre jeunesse suive un parcours citoyen de qualité susceptible de lui inculquer, davantage qu'aujourd'hui, le goût de l'effort et le sens du bien commun.
Ce sera là l'objet de notre second combat.
 
NOS POLITIQUES
Pour affronter ces défis, nous mettons en œuvre une série de politiques.
Tout d'abord une politique ciblée vers les armées : une action systématique a été entreprise par des visites aux différents chefs d'état-major.
Elles visent à conforter les relations de confiance, à mettre en place des actions de soutien à l'Armée d'active, à coordonner nos actions sans dépendance ni subordination dans le respect de notre liberté et de l'action de chaque armée. Elles visent aussi à accentuer notre recrutement parisien afin d'améliorer notre capacité centrale de réflexion et d'action.
Cette campagne continue, elle donne de bons résultats qui, certes, sont toujours insuffisants mais nous permettent déjà de mener à bien quantité de projets indispensables à la vie et au développement de notre association.
Ainsi nous avons signé avec la CABAT, cellule d'aide aux blessés de l'Armée de Terre, une convention nous permettant de l'aider dans la nécessaire vigilance qui doit entourer les familles touchées par la disparition ou la blessure d'un être cher.
Nous venons de signer, le 20 mars dernier, avec la CABAM, pour la Marine, une convention ayant les mêmes objectifs.
Nous allons bientôt approcher l'Armée de l'Air afin d'aboutir, je n'en doute pas, à une signature du même type.
Ensuite, une politique d'ouverture envers les diverses associations du monde militaire. Nous avons en effet estimé que nos caractéristiques particulières nous conférant une très grande indépendance, nous nous sommes rapprochés des associations qui jouissent de la même liberté d'action que nous, principalement des associations de sous-officiers afin de mettre en œuvre des actions communes.
Nous avons établi avec eux, au sein du COMAC, un climat de confiance propre à rendre plus efficace toute action menée en commun, je tiens à les remercier ici de leur accueil ouvert et bienveillant.
Nous agissons de même, bien sûr, avec les autres associations d'officiers, dont nous avons toujours été très proches, afin de bénéficier de leur capacité de réflexion et de leur puissance associative. C'est ainsi que nous nous sommes associés dès les premiers instants à l'action menée, sous l'impulsion du Gl DELORT président de la Saint-Cyrienne, par le Comité d'Entente élargi pour que le 11 novembre soit désormais le jour du souvenir des morts pour la France de toutes les guerres.
Cependant, il me paraît nécessaire d'aller plus loin et d'envisager des rapprochements de la sphère éclatée que constituent les nombreuses associations comme les nôtres. Dans ce domaine bien sûr, nous savons que la prudence reste de mise. Cependant l'inéluctable fonte des effectifs, que nous connaissons tous, est très certainement le meilleur argument pour envisager ces rapprochements qui peuvent prendre différentes formes. Les difficultés locales pourraient ainsi pousser à des rapprochements de moyens tant il est parfois difficile de remplacer des responsables qui se sont dévoués pendant de longues années.
Nous essaierons de faire progresser cette idée et resterons ouverts à tout autre processus qui permettrait de faire des progrès dans ce domaine.
Nous devions également entreprendre une action nouvelle, puisqu'il avait été décidé de prendre contact avec le Ministère de l'Intérieur afin de prendre en compte les intérêts de nos camarades gendarmes qui sont nombreux et inquiets au sein de notre association. Cette action a pris un peu de retard, mais sera entreprise dès que possible.
Ce retard nous a permis de mieux comprendre les problèmes qui se posent à eux et de réfléchir aux meilleurs moyens d'action qui se présentent à nous.
Dans le cadre d'une politique toujours davantage tournée vers l'avenir nous continuons d'octroyer un certain nombre de bourses à des jeunes gens nécessiteux soit directement soit par l'entremise de l'ADO qui fait un remarquable travail.
Nous réfléchissons aussi aux aides pratiques indispensables aux blessés, pour cela, nous nous associerons à des organismes compétents dans ce domaine.
Enfin, nous souhaitons nous impliquer, au nom d'une de nos généreuses donatrices, dans la lutte contre la dépendance et tout particulièrement dans l'aide aux malades et aux familles touchés par la maladie d'Alzheimer.
Mais surtout désormais nous allons mettre en œuvre une politique basée sur l'intervention dans le débat public.
C'est ainsi que nous avons interpellé par une lettre personnelle les principaux candidats à l'élection présidentielle en leur posant trois questions que nous considérons comme essentielles :
• comment assurer le développement de l'esprit de défense ?
• quelle défense pour la France ?
• quelle place et quelle gouvernance pour les associations de retraités militaires ?
Les réponses, que nous commençons à recevoir, seront publiées, comme l'est déjà notre lettre, sur le site Internet de notre association.
Chacun disposera ainsi d'éléments supplémentaires pour se déterminer.
Nous mettons sur pied également une organisation mieux à même de faire valoir nos arguments de manière organisée auprès de nos parlementaires.
 
NOS COMBATS
Je rappellerai que l'an dernier, à l'occasion de certain vote à caractère budgétaire, il est apparu combien la communauté militaire et celle des retraités militaires en particulier était traitée avec désinvolture.
Ce fut l'occasion de dire que, désormais, nous ferons davantage entendre notre voix.
À l'occasion de l'audition des associations de retraités militaires par la commission de la Défense de l'Assemblée Nationale et de certains entretiens avec des parlementaires, j'ai eu l'occasion de mettre en œuvre ce principe nouveau pour nous.
J'ai, à cette occasion, tenté de faire progresser les deux combats que j'ai mentionnés l'an dernier :
• que devant la déliquescence de l'esprit de Défense soit mise en place une vraie politique globale propre à le régénérer et à contribuer à un sursaut de la volonté nationale. Les échos sur ce sujet qui pourrait paraitre trop vaste
• que désormais les associations de militaires retraités comme l'ANOCR soient considérés comme de vrais « partenaires de Défense » comme il existe des partenaires sociaux et qu'elles soient étroitement associées aux prises de décisions concernant la condition militaire et tout particulièrement celle des retraités.
Toute notre action future s'articulera sur ces deux exigences, dans une action continue et déterminée.
Mon Général, mesdames et messieurs les élus, monsieur le Conseiller du ministre de la Défense, mesdames et messieurs les présidentes et présidents d'associations et de confédérations, je vous remercie de m'avoir écouté.
Je vous redis notre volonté d'agir à vos côtés, sans revendiquer un rôle privilégié mais avec le sentiment que, unis pour des combats justes, il sera possible de tenir notre rang au service du bien commun pour la défense de nos valeurs, de nos armées et de notre pays.